HaroldBouvard

contact

Les Œuvres de Harold Bouvard


Biographie

Harold Bouvard.
 en 1974 à Bonneville , France.
Vit et travaille à Genève , Suisse.
Harold Bouvard

Harold Bouvard : l'ébéniste devenu sculpteur

Né en 1974 à Bonneville, en Haute-Savoie, Harold Bouvard est un sculpteur français établi à Genève. Titulaire d'un CFC d'ébéniste et ancien étudiant de la HEAD – Genève, il revendique son bagage d'artisan et met sa connaissance intime des matériaux, en particulier le bois, le tissu et le cuir, au service de sa recherche artistique. Puisant dans un large éventail de références, tirées de l'histoire passée comme présente, il se plaît à brouiller les catégories : artisan et artiste, culture élitaire et populaire, objet brut et objet usiné. Par des gestes sculpturaux radicaux, parfois teintés d'un romantisme assumé, il fabrique et déconstruit une œuvre plastique qui se déploie sur plusieurs plans.

Transformer la matière

Ses expérimentations privilégient la transformation de la matière et des images par l'assemblage, chaque pièce devenant le point de départ d'hypothèses formelles et conceptuelles. Contreplaqué arraché, sciure collée, peinture et découpe sur bois ou sur pages de magazines : Harold Bouvard exploite le bois, sa fibre et ses produits dérivés pour mieux les détourner de leurs usages courants. Peinture obtenue par ponçage ou décapage, maquettes faites de chutes, compositions de placages et de panneaux composites pressés à l'aveugle sous vide, moulages de surfaces de poussière de bois : ces procédés forment la grammaire d'un langage tridimensionnel singulier. Au-delà de l'influence de l'artisanat et du fait main, son œuvre fait se rejoindre la pensée et la forme, la poésie et la fonction, dans une grande variété de formats, d'échelles et de traitements du bois.

De l'accident d'atelier à la réflexion

Ses œuvres tissent des relations singulières entre les matériaux, leur histoire, l'ébénisterie et les outils qui les font naître. Tout part souvent des accidents et des observations de la pratique d'atelier, qui deviennent ensuite le moteur d'une réflexion sur notre environnement et sur les traces que laissent nos interventions, qu'elles soient volontaires ou non.

Des forces opposées dans la masse du bois

Les sculptures d'Harold Bouvard contiennent des forces contraires qui s'entremêlent et s'équilibrent : verticalité et horizontalité, symétrie et asymétrie, matériaux laissés bruts ou au contraire très travaillés. Les contraintes imposées par le matériau nourrissent paradoxalement la liberté d'expression, et la densité de la masse est compensée par la fragilité des formes et un équilibre précaire. Ces créatures hybrides, à la fois végétales et façonnées par la main humaine, évoquent des hélices, comme les fruits du tilleul, ou des ailes d'oiseaux. Elles semblent continuer à croître dans l'espace, comme si la poussée initiale du bois ne s'était jamais arrêtée.

La série Indigène

La série Indigène, qui oscille entre force et fragilité, compte deux sculptures taillées l'une dans le noyer, l'autre dans le tilleul. L'artiste a choisi ce dernier pour deux qualités : c'est une essence indigène, et sa fibre très homogène se prête facilement au travail. Indigène n°2 (2019) a été acquise en 2020 par le Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève (FMAC).

De la sculpture à la gravure

Invité à une exposition collective à Genève entre novembre 2018 et février 2019, Harold Bouvard y développe une dérive de sa pratique de sculpteur : la gravure. Pour la série Black sap, il creuse dans un tronc de cèdre des formes abstraites composées à partir de papiers découpés, puis imprime la matrice au rouleau, par le poids du corps, sur du papier plotter qui révèle le veinage, les nœuds et les imperfections du bois travaillé à la main. Comme dans la technique de la plaque perdue, la surface est ensuite rabotée et n'en garde que les creux les plus profonds, des strates qui apparaissent puis s'effacent telle une image fantôme. Dans la lignée de ce travail de papier découpé, la série de collages Colombo stile part des pages d'un livre d'aménagement intérieur déniché dans une brocante : les découpes y font apparaître en négatif des formes hybrides, qui dialoguent avec ses sculptures.

Parcours

Harold Bouvard a notamment participé à plusieurs expositions collectives au CAN – Centre d'art Neuchâtel entre 2013 et 2015. En 2020, l'exposition personnelle Sous le soleil exactement, à Genève, réunit ses dernières pièces autour d'une forme monumentale taillée dans la masse d'un tronc de cèdre posé en équilibre : sculptures, gravures, bois et papier y dialoguent.